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Le site de l’usine chimique Lubrizol à Rouen. LOU BENOIST / AFP / AFP / Lou BENOIST

Moyens d’alerte « obsolètes », communication de crise « dépassée »… L’association des collectivités accueillant des sites Seveso donne l’alarme après l’incendie de Lubrizol.

Des systèmes d’alertes obsolètes, des mesures d’information préventive qui n’atteignent pas leurs objectifs, des commissions de suivi de site qui ne parviennent pas à jouer leur rôle, des blocages techniques et financiers… c’est peu dire que la France n’est pas préparée aux risques industriels, selon un rapport de l’Association nationale des collectivités pour la maîtrise des risques technologiques majeurs (Amaris). Présenté mardi 5 novembre, ce livre blanc consacré à la « mise en protection des activités riveraines des sites Seveso seuil haut » prend une résonance particulière, un peu plus d’un mois après l’incendie qui a ravagé l’usine chimique Lubrizol et les entrepôts de l’entreprise Normandie Logistique à Rouen.

L’Amaris regroupe une centaine de collectivités locales accueillant sur leur territoire au moins un site Seveso seuil haut tel que Lubrizol. On en recense 744 en France en 2019. A partir de témoignages et de retours d’expérience, l’association dresse un constat sévère : « Près de vingt ans après la catastrophe d’AZF, la mise en protection des activités riveraines des sites Seveso seuil haut reste une étape à franchir », voire à engager, étant donné le « très faible niveau » de la culture du risque en général, pointe son président, Yves Blein, député du Rhône (La République en marche).

Institués en 2003 après l’accident de l’usine AZF (31 morts à Toulouse, le 21 septembre 2001), les plans de prévention des risques technologiques (PPRT) sont la pierre angulaire des politiques publiques. Au total, 380 PPRT – sur 388 à réaliser – ont été approuvés. Mais leur mise en œuvre, censée « protéger les populations présentes et futures s’installant à proximité des sites Seveso seuil haut », ne suit pas le même rythme. Sur 16 000 logements concernés par des travaux de mise en protection (installation de système anti-incendie, doublage ou triplage du vitrage face au risque d’explosion…), seuls 600 ont été traités, relève l’étude. Principal frein : le coût financier (10 % du montant des travaux) restant à la charge des propriétaires.

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Source : Le Monde

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