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© AP Photo / Toby Talbot

Le ministère de l’Intérieur prévoit de doter prochainement les policiers d’un pistolet à impulsion électrique pour compenser la suppression de la clé d’étranglement. Ce qui pose certains problèmes, comme le révèle Le Parisien.

Dans le contexte des manifestations contre les violences policières qui se poursuivent dans de nombreux pays, notamment en France, Christophe Castaner a annoncé le 8 juin que la méthode d’interpellation policière «dite de l’étranglement» serait abandonnée et ne serait plus «enseignée dans les écoles de police et de gendarmerie». «C’est une méthode qui comportait des dangers», a martelé le ministre.

Et pour compenser la disparition de cette technique, le ministère de l’Intérieur prévoit de généraliser le pistolet à impulsion électrique (PIE), selon des informations du Parisien. Christophe Castaner devrait annoncer la mesure les 11 et 12 juin aux syndicats de police.

Or, l’utilisation du pistolet à impulsion électrique n’est pas enseignée actuellement dans les écoles de police.

«Des dizaines d’heures de formations»

En outre, pour en être équipé, un agent doit passer une habilitation supplémentaire. Ce qui suggère que les formations devraient se multiplier dans les mois à venir.

«À ce stade, nous n’avons pas d’instruction pour l’apprentissage du pistolet à impulsion aux élèves. Mais cela ne devrait pas être trop difficile à mettre en place, car nous avons déjà des stands de tir pour le pistolet automatique», a indiqué un gradé d’une école de police cité par Le Parisien.

Toutefois, Matthieu Valet, secrétaire national adjoint du syndicat indépendant des commissaires de police (SICP), est d’un autre avis.

«Le pistolet à impulsion électrique n’est pas encore enseigné à l’école et il va falloir des dizaines d’heures de formations pour habiliter tous les collègues […]. Contrairement à une interpellation à main nue, on ne peut pas l’utiliser dans n’importe quelles circonstances… En vérité, la méthode de l’étranglement est la seule solution pour éviter que les interpellations se transforment en combat de rue», a-t-il estimé.

Tout aussi sceptique sur la fin de la technique d’étranglement, le syndicat Alliance s’est lui aussi prononcé sur l’abandon de la technique d’étranglement.

«Nous réclamons la généralisation de son port [du PIE, ndlr] pour compenser la suppression de la prise par le cou», a noté Fabien Vanhemelryck.

L’autre grand problème est le moyen de doter les policiers de cette arme.

«Plus de danger qu’avec une prise par le cou»

Selon une source proche du dossier, des commandes ont déjà été passées par le ministère de l’Intérieur.
Toutefois, le ministère «aurait dû généraliser le port du pistolet à impulsion électrique avant la suppression de la prise par le cou», a affirmé David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la Police nationale.

En outre, le PIE est une arme qui recèle des risques.

«Si on ne sait pas que des gens ont des problèmes de cœur et que l’on tire, on les expose à plus de danger qu’avec une prise par le cou», a expliqué un formateur de la police cité par le journal.

Le Parisien ajoute qu’un rapport d’Amnesty International avait mentionné 334 cas de morts aux États-Unis entre juin 2001 et août 2008 après l’usage d’un pistolet à impulsion électrique.

Source : Sputnik France

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