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Paris, le 26 janvier 2019. Ici, une compagnie de CRS lors d’une manifestation de Gilets jaunes (Illustration). // LP/Philippe de Poulpiquet

Le document circule dans la mouvance black bloc et a déjà été retrouvé sur des téléphones portables lors d’interpellations à Paris. Il liste les endroits où les agents sont le moins protégés.

Le 30 janvier 2021 à 13h35, modifié le 30 janvier 2021 à 15h24

« C’est l’application exacte de ce que préconise un des paragraphes. » Ce magistrat parisien a été surpris en découvrant, d’un côté, les faits reprochés à Akram, un homme de 31 ans poursuivi pour des violences commises sur des policiers le 28 novembre dernier à Paris et, de l’autre, un document retrouvé dans le téléphone portable du prévenu. Un petit guide — que nous nous sommes procuré — illustré avec la photo d’un policier casqué, en tenue de maintien de l’ordre, et intitulé : « En cas d’agression physique ».

Il s’agit là d’un mode d’emploi pour toucher les agents dans les endroits où ils ne sont pas protégés. Akram, par exemple, a visé un des fonctionnaires au genou pas entièrement à l’abri des blessures malgré une protection. Il en a aussi touché un autre au menton en passant sous le casque. « L’efficacité de cette tenue est très relative, est-il noté. Le premier point est celui de l’aspect que donne cette tenue et c’est pour cela qu’elle a été conçue à la base FAIRE PEUR. Cependant, elle empêche de courir vite, elle est lourde et fatigante. »

«On sent que c’est bien étudié»

Un passage montre que l’objectif est de faire reculer les forces de l’ordre : « Souvenez-vous toujours que dans ce déguisement se trouve un type ou une femme qui a une famille et dont le cerveau reptilien fonctionne comme le vôtre. Ils sont bien souvent à bout de moral et si vous devenez efficaces, ils cesseront. »

« Cela correspond bien à ce qu’on rencontre sur le terrain, confirme un policier spécialisé dans le maintien de l’ordre. Ils visent juste et courent vite. On sent que c’est bien étudié et, pour tout dire, on redoute tous un peu la confrontation. »

Pour Denis Jacob du syndicat Alternative Police, ce document « n’est pas surprenant, les black blocs ont pour objectif de s’en prendre aux forces de l’ordre. Mais ce n’est pas plus inquiétant que ça, les agents sont formés à ces situations et ne vont jamais seuls au contact. »

Source : Le Parisien

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