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Alors que les internautes belges ont voté pour donner son nom à l’ancien tunnel Léopold-II, la chanteuse ne fait pas l’unanimité, selon « Soir Mag ».

D’une polémique à l’autre, difficile en Belgique de trouver un nom à l’ancien tunnel Léopold-II. Le 8 mars, Journée internationale du droit des femmes, la Région bruxelloise annonçait que le plus long tunnel de Belgique, à Bruxelles, sera rebaptisé du nom de la chanteuse belge Annie Cordy, décédée en septembre dernier à 92 ans. Ce choix a été celui des internautes ayant pris part à une consultation en ligne.

L’interprète de Tata Yoyo et de La Bonne du curé l’a emporté avec 22 % des voix devant 14 autres personnalités féminines, comme la résistante Andrée De Jongh, la romancière née à Bruxelles Marguerite Yourcenar, la juriste et féministe belge Marie Popelin et d’autres figures comme Marie Curie, Rosa Parks ou Simone Veil. Ce tunnel, connu pour ses bouchons, était jusqu’à présent nommé « tunnel Léopold-II », du nom de l’ex-roi, figure controversée du passé colonial de la Belgique.

Une chanson accusée de racisme

La Région de Bruxelles souhaitait donc rendre hommage à une figure féminine tout en faisant oublier le nom de Léopold II et les accusations de racisme qui l’entourent. Mais force est de constater que sur ce point précis, l’opération tombe à l’eau. Comme le rapporte Soir Mag, Annie Cordy est, à son tour, accusée d’avoir véhiculé une certaine forme de racisme, notamment dans sa chanson Cho Ka Ka O.

Le site du magazine belge fait référence à un débat télévisé au cours duquel ce choix a été remis en question. « C’est une chanson qu’on ne peut pas effacer du patrimoine belge, ni Annie Cordy, d’ailleurs, mais ce qui est le plus important, c’est d’en être conscient », considère notamment Mireille-Tsheusi Robert, présidente de BAMKO – Centre féministe de réflexion et d’action sur le racisme anti-noir.e.s. Interrogée sur ce qui, spécifiquement, pose problème, Mireille-Tsheusi Robert explique être dérangée par « l’esprit de la chanson ».

Dès l’annonce des prétendantes par le gouvernement belge, qui souhaitait donner au tunnel le nom d’une femme, celui d’Annie Cordy a fait l’objet de critiques. Soir Mag explique que certaines personnes, en Flandre, trouvaient la chanteuse trop francophone pour prétendre à cet honneur. Mais la nièce d’Annie Cordy, Michèle Lebon, rappelle que la famille a des origines flamandes et déclare ne pas comprendre les accusations de racisme entendues ici et là : « Je connais la chanson par cœur et je cherche encore ce qu’il peut y avoir de raciste là-dedans. »

Source : Le Point

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