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Alors que la police détient sa voiture depuis 2015, une habitante du Nord se retrouve avec plus de 6 000 euros d’amendes sur les bras, rapporte « Le Parisien ».

 

Depuis 2015, une habitante du Nord reçoit contravention sur contravention sans qu’elle n’y soit pour rien. Une situation au départ étrange, qui s’est transformée en cauchemar administratif pour cette femme. En effet, depuis cette date, son Audi A3 break n’est plus en sa possession, mais aux mains… de la police. Pourtant, les amendes pour stationnements illégaux et excès de vitesse ne cessent de lui parvenir, raconte celle qui se fait appeler Salma au Parisien.

Son véhicule lui a été confisqué dans le cadre d’une instruction visant un de ses frères, mêlé à un trafic de stupéfiants à Valenciennes. Salma ne peut justifier les fonds ayant permis l’achat de sa voiture. Comme la procédure le permet, cette dernière est confisquée et elle est mise en examen pour blanchiment d’argent. « Je n’ai rien à voir avec les affaires de mon frère, je n’avais jamais eu de souci avec la justice, mais je me suis retrouvée dans ses problèmes », déplore-t-elle.

« J’ai fini par perdre tous mes points »

Au départ, elle ne s’est pas vraiment inquiétée de ces avis d’amende. Il lui semblait clair que cela ne la concernait pas. Mais au fur et à mesure, elle s’est retrouvée prise au piège, jusqu’à perdre son permis de conduire. « J’en ai reçu plus de soixante, il y en a pour plus de 6 000 euros, sans compter les rappels, décrit Salma. J’ai contesté les premiers : rien à faire. J’ai fini par perdre tous mes points, et par perdre mon permis de conduire. J’ai eu des saisies sur salaires, des frais bancaires… Je suis fatiguée de cette situation », détaille-t-elle. Et à la « fatigue » s’ajoute une situation économique précaire pour l’ancienne conductrice. Le Trésor public lui a même prélevé 2 000 euros ce mois-ci.

Son Audi serait, selon les informations qu’on lui a transmises, entre les mains de la PJ de Versailles depuis 2018. Et ses papiers auraient dû être mis à jour. « Normalement, la carte grise aurait dû être d’emblée barrée. Or cela n’a pas été fait », présume son avocate, Me Audrey Jankielewicz, au Parisien. Quand Salma est condamnée en 2018, elle écope d’une peine avec sursis et de la confiscation définitive de sa voiture. Une décision qu’elle attendait avec impatience. « Nous le voulions en pensant que ses tracas d’amendes s’arrêteraient. Cela n’a pas été le cas », constate amèrement l’avocate.

Des démarches sans fin

Malgré les lettres envoyées au juge, à la préfecture du Nord ou encore au Centre national de traitement des infractions routières de Rennes, rien n’y fait. Salma reçoit encore et toujours les contraventions dans sa boîte aux lettres. Son avocate estime que sa cliente est victime « d’un traitement de défaveur ». De son côté, la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) n’a pas souhaité répondre aux questions du Parisien.

Source : Le Point

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