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Interrogés au mois de décembre par OpinionWay pour CCI France/La Tribune/Europe 1 dans le cadre de la « La grande consultation », les chefs d’entreprise semblent beaucoup moins confiants. L’indicateur de l’optimisme est à son plus bas niveau depuis février 2015.

La popularité d’Emmanuel Macron se dégrade auprès des chefs d’entreprise. D’après la dernière grande consultation réalisée par OpinionWay pour CCI France, La Tribune et Europe 1, 27% des dirigeants interrogés se déclarent satisfaits de l’action menée par Emmanuel Macron, soit 10 points de moins qu’en septembre (36%). À l’opposé, 72% des patrons ont répondu qu’ils étaient mécontents des réformes menées par le président de la République. La part des dirigeants insatisfaits a gagné 9 points depuis septembre.

Si la crise des « Gilets jaunes » tend à s’essouffler après plusieurs semaines de mobilisation, les conséquences du mouvement sur l’économie française pourraient encore s’alourdir. En effet, la Banque de France a récemment révisé à la baisse ces prévisions de croissance pour le dernier trimestre 2018 passant de 0,4% à 0,2%. Pour l’année 2018, l’institution bancaire anticipe une croissance de 1,5% mais ces chiffres ne prennent pas en compte « les mesures annoncées par le président de la République et le gouvernement postérieurement au 28 novembre, qui sont notamment susceptibles d’affecter les évolutions des prix à la consommation et du pouvoir d’achat ainsi que le déficit public. »

Il est encore trop tôt pour tirer un bilan économique définitif de cette mobilisation, surtout que les mesures en faveur d’un élargissement de la prime d’activité et l’annulation de la CSG pour une bonne partie des retraités pourraient doper le pouvoir d’achat de ces ménages. La consommation pourrait rebondir après un premier semestre jugé décevant.

65% des dirigeants soutiennent les « Gilets jaunes »

D’après les résultats collectés par l’institut de sondages, 65% des chefs d’entreprise affirment leur soutien au mouvement des « Gilets jaunes » contre 66% chez les Français. Dans le détail, 29% les soutiennent « tout à fait » et 36% déclarent « plutôt » un soutien. Cette position peut s’expliquer « par la convergence d’une des revendications portées par les ‘Gilets Jaunes’ : le ras-le bol fiscal » souligne OpinionWay. L’un des principaux motifs de contestation au début du mouvement était la hausse de la fiscalité carbone sur les carburants.

Par ailleurs, toutes les entreprises ne soutiennent pas forcément le mouvement de la même façon. Si la part des dirigeants dans le commerce (77%), l’industrie (75%) ou la construction (74%) à défendre le mouvement est importante, celle dans les services est moins prononcée (56%). En revanche, il y a assez peu de disparités en fonction de la taille des entreprises (65% pour les entreprises de 0 à 9 salariés contre 62% pour les entreprises de plus de 10 salariés).

L’indicateur de l’optimisme plonge

La confiance des dirigeants s’érode sérieusement. Selon l’indicateur de l’optimisme mesuré par OpinionWay, le degré de confiance est passé de 90 à 83 entre novembre et décembre pour les entreprises de 0 à 9 salariés, et 113 à 93 pour les entreprises ayant plus de 10 salariés. L’indicateur, qui prend en compte les questions de confiance à l’égard de l’évolution de l’économie et d’appréciation de la situation actuelle, atteint ainsi son plus bas niveau depuis février 2015 pour chaque groupe d’entreprises.

La part de ceux qui répondent que « c’est très bien en ce moment » est en baisse de trois points par rapport à novembre, passant de 47% à 44%. La part de ceux qui estiment que « ce sera mieux demain » est en constante progression depuis octobre, passant de 13% à 20%.

Des perspectives en berne

Concernant les perspectives de l’économie française pour les 12 prochains mois, les chefs d’entreprise sont de moins en moins confiants avec une chute de 12 points en un mois. Ils sont désormais 23% à être optimistes pour l’économie française contre 31% pour l’économie mondiale, et 69% pour leur entreprise.

En dépit de la montée des inquiétudes, 92% (-3 points par rapport à novembre) des chefs d’entreprise interrogés envisagent de maintenir le nombre de salariés tandis que 7% espèrent pouvoir recruter et 1% prévoient de réduire leur nombre de salariés.

Inquiétudes sur le chiffre d’affaires

La multiplication des mobilisations et des actions de blocage a provoqué un sentiment d’inquiétude chez certains chefs d’entreprise. Plusieurs dirigeants ont dû recourir à des mesures de chômage partiel à la suite d’une baisse d’une activité. Parmi les conséquences testées par OpinionWay, les craintes semblent plus importantes sur le chiffre d’affaires. En effet, 17% des interrogés ont signalé que ce mouvement social inédit pourrait avoir un impact sur leur résultat. 14% indiquent que cela pourrait avoir des répercussions sur leur trésorerie et 8% sur leur approvisionnement.

À l’opposé, peu de répondants (2%) indiquent que les événements relatifs aux « Gilets jaunes » auront des conséquences sur leurs capacités à honorer les échéances fiscales et sociales, ou sur le climat interne dans l’entreprise (3%). D’autres répercussions sur l’emploi (8%) ou la gestion des stocks (5%) sont également mentionnées par les dirigeants.

Risques sur l’attractivité

Alors que la France a attiré un grand nombre d’investissements en 2017, elle pourrait perdre du terrain en 2018. D’après les résultats collectés par l’organisme de sondages, 70% des personnes consultées indiquent que le mouvement des « Gilets jaunes » aura des conséquences importantes sur l’attractivité de la France. 75% des interrogés dans les services indiquent que l’image de la France pourrait se détériorer. Dans l’industrie, ils sont 61% à exprimer ce sentiment contre 64% dans la construction ou 63% dans le commerce. Dans ce dernier secteur, la perte de chiffre d’affaires pourrait être considérable.

Dans une récente interview accordée à La Tribune, le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution, Jacques Creyssel, avait estimé la perte de chiffre d’affaires à plus de un milliard d’euros et que les grands gagnants pourraient être les plateformes de commerce en ligne comme Amazon.

Le télétravail n’a pas la cote chez les chefs d’entreprise

Alors que la question de l’écologie et du réchauffement climatique devient de plus en plus urgente aux yeux des climatologues, OpinionWay a testé plusieurs mesures visant à réduire l’usage des véhicules personnels par les salariés. Sur l’ensemble des individus interrogés, seulement 2% indiquent avoir déjà mis en place ou ont l’intention de mettre en oeuvre des incitations au covoiturage. Ils sont 2% à vouloir développer le télétravail ou favoriser les horaires aménagées pour les employés. Enfin, ils ne sont que 1% à vouloir instaurer un service d’autopartage (1%) ou à faire la promotion du vélo (1%)

Source : latribune.fr

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