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Édouard Philippe et Muriel Pénicaud à l'Assemblée nationale le 25 février. // LUDOVIC MARIN via Getty Images

Des syndicats et des responsables politiques demandent au gouvernement de renoncer à cette réforme censée entrer en vigueur en avril. En vain pour le moment.

Il n’y a pas que sur le plan épidémiologique que la propagation du coronavirus provoque de l’inquiétude. Dans le sillage de la crise sanitaire, c’est la crainte d’une crise économique qui se profile, au point que le gouvernement a déjà renforcé ses mesures pour aider les entreprises françaises qui accusent une forte baisse d’activité à cause du Covid-19.

Face à ce contexte, plusieurs responsables politiques et syndicaux montent au créneau pour exiger du gouvernement qu’il amortisse le coût social de ce marasme, en suspendant notamment l’entrée en vigueur de la réforme de l’assurance chômage qui prévoit une modification du calcul de l’allocation. Cette réforme, qui avait été portée par Muriel Pénicaud, doit entrer en vigueur le 1er avril.

Une hausse du chômage redoutée

Alors que “des mesures sont annoncées pour soutenir les entreprises et les secteurs en difficulté” la CFDT demande au gouvernement dans un communiqué de renoncer au durcissement des règles de calcul des allocations. “En de telles circonstances, les emplois précaires (CDD de courte durée, intérimaires…) sont la première variable d’ajustement. Nous le constatons déjà dans de nombreux secteurs (événementiel, tourisme, industrie…). Pour la CFDT, c’est bien en période de crise que le rôle d’amortisseur social de l’assurance chômage doit être réaffirmé”, écrit le syndicat réformiste, qui pointe les “impacts redoutables” que produira la réforme.

Même demande du côté de Force ouvrière. “La situation économique créée par l’épidémie risque de conduire à ce qu’un plus grand nombre de salariés se retrouvent en situation de demandeurs d’emploi et donc de subir les conséquences restrictives de ces mesures”, alerte le syndicat dirigé par Yves Veyrier, qui demande l’abandon de la réforme et de “rétablir les droits à indemnisation tels que prévus par la convention négociée et signée entre les interlocuteurs sociaux en avril 2017″. La CGT a également appelé à renoncer à cette réforme.

“Les personnes les plus fragiles économiquement”

Cet appel trouve aussi un écho dans le monde politique, notamment à gauche. Ce mercredi 11 mars, le député insoumis Adrien Quatennens a également réclamé au gouvernement de “renoncer à l’application de la réforme de l’assurance chômage”, dans la mesure où “les conditions d’accès à l’indemnité chômage vont être considérablement durcies”.

Une modification des règles qui “n’est pas possible de l’appliquer dans un contexte où l’économie est mise à mal”, a-t-il expliqué sur le plateau de France 2. “Il faut, a minima, que le gouvernement reporte cette réforme, et dès maintenant”, expliquait mardi 10 mars au HuffPost le sénateur socialiste Rachid Temal, estimant que l’exécutif devait prendre des mesures sans attendre pour “répondre à la crise sociale et économique provoquée par le coronavirus, comme l’a fait l’Allemagne”. Une demande également exprimée par le premier secrétaire du parti socialiste, Olivier Faure.

Reste maintenant à savoir si le gouvernement est attentif à ces demandes. Sur franceinfo ce mercredi, le leader de la CFDT, Laurent Berger, affirme avoir échangé sur cette question avec le locataire de Bercy. “Jeudi, lors d’un rendez-vous avec le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, j’ai vu qu’il comprenait l’enjeu de cette demande”, indique le syndicaliste. “Il a compris, me semble-t-il, qu’il y avait un sujet”, insiste-t-il, demandant à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, de revenir sur cette mesure.

La balle est donc dans le camp du gouvernement, et plus particulièrement de son chef, Édouard Philippe. Contacté par Le HuffPost à ce sujet, l’entourage du Premier ministre n’a, pour l’heure, pas répondu à nos sollicitations.

Source : Huffingtonpost

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