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« Le Point des idées », diffusée sur LCI, se penche sur l’étude parue dans « The Economist » qui classe la France parmi les « démocraties défaillantes ».

Les libertés démocratiques ont reflué dans près de 70 % des pays du monde en 2020 à cause des restrictions provoquées par la lutte contre la pandémie, selon une étude du groupe britannique The Economist publiée mercredi 3 février 2021, insistant sur le repli dans les régimes démocratiques. Et la France, qualifiée de « démocratie défaillante » par l’hebdomadaire, ne fait malheureusement pas exception.

Dans Le Point des idées, l’émission diffusée tous les vendredis sur LCI à 21 heures, Gaspard Kœnig corrobore cet état de fait, rappelant qu’au-delà de la liberté d’aller et venir, « tout un nombre de petites libertés » ont été « mises à mal » par la crise, comme sur le plan syndical ou judiciaire. Il les recense d’ailleurs dans l’Observatoire des libertés confinées, mis en place par son think tank Génération libre. Et le philosophe de regretter que, contrairement à nos voisins européens, le Parlement ne puisse jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir sous prétexte d’état d’urgence sanitaire. « On a un pouvoir exécutif qui est totalement en roue libre », cingle-t-il.

« Je n’ai pas l’impression de ne pas vivre dans une démocratie » Maître Hervé Témime

 

Partageant l’inquiétant constat de Gaspard Konig, le pénaliste Hervé Temime estime que ces atteintes aux libertés sont en partie facilitées par « le moindre intérêt de nos compatriotes pour leurs propres libertés » et leur « besoin de sécurité extrêmement grand ». Mais le célèbre avocat nuance aussitôt son propos : « Je n’ai pas l’impression de ne pas vivre dans une démocratie. […] Il faut aussi mettre en balance nos libertés avec un minimum de sens des responsabilités. »

« Il faut qu’on soit responsable dans la situation présente », abonde Emmanuel Hirsch. Le professeur d’éthique médicale à l’université Paris-Saclay exhorte les Français à ne pas tomber dans la « haute philosophie » en criant « que l’on nous a privés de nos libertés ». Le scientifique s’inquiète toutefois de « l’absence de concertation » et de la « défiance » du gouvernement à l’égard des citoyens. Pour Emmanuel Hirsch, l’après compte tout autant que le présent : « Comment va-t-on reconstruire notre société ? »

Ce qui marque profondément Isabelle Barbéris, maître de conférences en art de la scène, c’est la « modification du rapport au corps » engendré par les périodes de confinement et de couvre-feu : « On ne peut plus vivre à contretemps. » Or, rappelle l’universitaire, « au XXe siècle, les régimes autoritaires se sont vraiment manifestés par une rythmique des corps ».

Source : Le Point

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