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Patrick Pelloux, médecin urgentiste et syndicaliste à l’Association des médecins urgentistes de France, revient sur les circonstances du décès d’une patiente mardi à l’hôpital Lariboisière.

Comment expliquer qu’une patiente venue à l’hôpital Lariboisière à Paris lundi puisse être retrouvée décédée 12 heures après, sans avoir été vue par un médecin ? Plusieurs enquêtes sont en cours sur le sujet, mené par le parquet de Paris et par l’AP-HP. Le médecin urgentiste Patrick Pelloux, syndicaliste à l’association des médecins urgentiste de France (Amuf) y voit la preuve que le système des urgences est en train de craquer.

Quelles sont les informations dont vous disposez sur ce qu’il s’est passé pour la patiente de Lariboisière ?

PATRICK PELLOUX. Il s’agit d’une femme d’une cinquantaine d’années qui s’est présentée lundi à Lariboisière. Elle souffrait de céphalée et de fièvre, et n’avait pas réussi à trouver un médecin en ville, et elle s’est donc rendue aux urgences. Elle est arrivée à 18h40 à Lariboisière. Là elle a été vue par une infirmière d’accueil qui a estimé que son état n’était pas grave, et qu’elle devait patienter, comme pour beaucoup d’autres patients.

Que s’est-il passé ensuite ?

Il reste beaucoup de choses à déterminer pour comprendre ce qui s’est passé. Au bout de cinq heures, il semble qu’elle ait été appelée, et il n’y a pas eu de réponse. A-t-elle été cherchée alors ? On ne le sait pas. Était-elle dans le coma ? Il est sûr en tout cas qu’elle n’a pas vu de médecin. Son décès a ensuite été constaté à 6h20 mardi matin par le personnel des urgences au moment du changement d’équipes. Elle était décédée sur son brancard.

Qu’est-ce que ce drame dit de la situation des urgences hospitalières ?

Sans préjuger de ce que dira l’enquête, et sans exonérer personne de ses responsabilités, cela montre que le système des urgences est en train de craquer. A l’hôpital Lariboisière ils ont 300 passages par jour, avec des urgences médicales et médico-sociales. C’est très difficile de distinguer dans cet afflux les cas graves des pas graves. Cela interpelle sur l’organisation. Il faut savoir qu’il y a 21 millions de passages aux urgences en France, il faut une réforme réorganisationelle très rapide.

Qu’attendez-vous de la ministre de la Santé ?

Agnès Buzyn réagit de façon trop lente face à ces nombreux dysfonctionnements du système des urgences. Elle ne semble faire confiance qu’au discours des grands chefs de service, mais c’est tout le système qui craque. Elle doit rapidement nous donner plus de moyens, car sinon d’autres drames, hélas, risquent de se reproduire.

Source : leparisien.fr

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