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Liberté d’expression et pluralisme, décryptage, vérification et investigation : pour toutes ces raisons, une grande majorité de Français reconnaît l’utilité du métier de journalistes. Ce sont les premiers enseignements d’un sondage réalisé pour Radio France et ses partenaires dans le cadre des Assises du journalisme.

Dans une société où, désormais, les individus, les personnalités ou les entreprises et groupes quels qu’ils soient échangent et s’informent sans intermédiaire, où tout un chacun peut publier un article, un commentaire ou une vidéo en leur donnant un aspect journalistique, où les échanges et l’accès à l’information sont très largement facilités, on pourrait penser que le journalisme perdrait de son utilité pour le plus grand nombre.

En réalité, l’enquête Via Voice réalisée à l’occasion des Assises internationales du journalisme, démontre que la quasi totalité des Français comptent sur les journalistes pour démêler le vrai du faux, enquêter, et garantir la liberté d’expression et la démocratie.  Ils n’imaginent pas un monde sans journalistes. 

La grande majorité des Français estime que le journalisme est un métier utile

La grande majorité des Français estime que le journalisme est un métier utile / Via Voice

La plupart des Français disent avoir besoin de “s’instruire, d’apprendre des choses et de se cultiver, notamment pour comprendre les enjeux internationaux”.

Les Français attendent surtout que les journalistes vérifient les informations
Les Français attendent surtout que les journalistes vérifient les informations / Via Voice

Les Français interrogés expriment un besoin de se référer à un journalisme de vérification, de plus en plus indispensable face à la prolifération des “fake news”, rumeurs et désinformations.

Un gros besoin de vérification

C’est la première des priorités vis-à-vis du journalisme et des médias exprimée dans cette enquête : “Vérifier les informations fausses, les rumeurs, la désinformation”, une attente citée par 3 personnes sur 5.

Ce  besoin exprimé de vérification de l’information trouve sa source dans un paradoxe apparent, lié aux nouveaux usages associés à internet et aux réseaux sociaux. Ainsi, lorsqu’ils cherchent une information liée à l’actualité, plus du tiers des Français (38 %) font le plus souvent une recherche sur un moteur de recherche et regardent les articles proposés, “quels que soient les médias qui les publient” : à l’inverse seuls 26 % regardent directement le site d’un média de confiance.

Les Français estiment à 71% qu'il y a confusion entre médias sérieux et sites diffusant des informations non vérifiées
Les Français estiment à 71% qu’il y a confusion entre médias sérieux et sites diffusant des informations non vérifiées / Via Voice

Dès lors, si de nouveaux usages médiatiques exposent le grand public – et les jeunes en particulier – aux “fake news”, ceux-ci apparaissent également très conscients de ces menaces, comme de l’importance des sources d’informations.

Dans ce contexte, le premier rôle assigné au journalisme et aux médias  est justement de servir de “garde-fous” :

Les trois-quarts des personnes interrogées pensent que l’on a “de plus en plus besoin des journalistes pour produire une information crédible face aux rumeurs et à la désinformation”.

83 % des Français sont également favorables à l’intégration de “l’éducation à l’information” dans les programmes scolaires, les bibliothèques ou les médiathèques pour sensibiliser les jeunes aux différents types d’informations en ligne.

Les Français estiment à 70% que les pouvoirs publics empêchent les fausses nouvelles
Les Français estiment à 70% que les pouvoirs publics empêchent les fausses nouvelles / Via Voice

Méthodologie : étude réalisée par Via Voice pour les Assises internationales du journalisme, en partenariat avec France Télévisions, France Médias Monde, Le Journal du Dimanche et Radio France. Interviews réalisées en ligne, du 12 au 15 février 2018, auprès d’un échantillon de 1008 personnes, représentatif de la population française de 18 ans et plus. Représentativité par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe ,âge, profession, région et catégorie d’agglomération.

Source France Inter