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La situation de l'emploi et du chômage en France est encore morose (image d'illustration).-© PASCAL GUYOT Source: AFP

La réforme controversée de l’assurance chômage va en partie entrer en vigueur le vendredi 1er novembre. Parmi les premières mesures mises en place, le changement des conditions d’accès à une indemnisation.

Ouverture de droits retardée, baisse de l’allocation pour certains, durée de droits plus courte pour d’autres. Les premières mesures de la réforme de l’assurance chômage entrent en vigueur le 1er novembre. Les dernières seront mises en place au 1er avril. Une réforme particulièrement critiquée par les syndicats.

France Bleu fait le point sur ce qui change dans le cadre de cette réforme au 1er novembre.

De nouvelles conditions d’accès

Pour percevoir une indemnisation, il faudra désormais avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de quatre mois sur 28 précédemment. Concrètement, l’ouverture des droits et donc l’accès à une indemnisation sera retardé pour une partie des chômeurs. Ce changement de règles va concerner 710.000 personnes la première année. Parmi elles, 200.000 ne pourront plus ouvrir de droits la première année, 210.000 les ouvriront en moyenne cinq mois plus plus tard et 300.000 verront leurs droits diminuer, précise l’AFP.

Selon une étude de l’Unédic, la réforme de l’assurance chômage aura ainsi des conséquences négatives pour un nouveau chômeur sur deux lors de la première année de son application.

Réforme de l'assurance chômage : les principales mesures du projet - Visactu

Nouveau seuil de droits rechargeables

Le seuil des droits rechargeables va aussi être modifié. Il s’agit du dispositif permettant d’allonger la durée d’indemnisation quand un demandeur d’emploi retravaille. Pour obtenir ces droits rechargeables il faudra désormais travailler six mois (soit la durée requise pour avoir droit à une indemnisation) au lieu d’un mois jusqu’à présent.

Pôle emploi a envoyé un courrier « d’information » à ses allocataires pour les prévenir des modifications.

Des allocations dégressives pour les hauts revenus

Cette réforme prévoit également l’instauration d’une dégressivité des allocations de 30% au bout de six mois. Mais cela ne touchera que les demandeurs d’emplois âgés de moins de 57 ans et dont le salaire est supérieur à 4.500 euros brut.

Des indemnités chômage pour certains démissionnaires

Une autre mesure permettra aux personnes ayant démissionné pour réaliser un projet professionnel de recevoir, sous certaines conditions, une indemnisation. Cette modification pourrait concerner jusqu’à 30.000 personnes. Il existe déjà des « cas » où une démission peut entraîner le versement de l’allocation, comme le rapprochement de conjoint par exemple, souligne l’AFP.

De nouvelles mesures appliquées le 1er avril

Si ces premiers changements ont attisé la colère des syndicats, la suite ne les rassure pas non plus. La deuxième batterie de mesures qui s’appliquera le 1er avril comprend la modification des règles de calcul de l’indemnisation. Cela concernera quatre allocataires sur dix, particulièrement les jeunes, en fin de CDD ou en interim.

Les règles actuelles sont jugées trop favorables aux personnes travaillant de manière discontinue par l’exécutif. Désormais, moins de demandeurs d’emplois pourront bénéficier du « cumul emploi chômage » qui permet de cumuler un petit revenu et une allocation.

Au total, l’exécutif  prévoit 3,4 milliards d’économies sur trois ans à travers cette réforme particulièrement contestée par les syndicats : « Ça va va être une tuerie, tout simplement parce que la seule logique c’est une logique budgétaire sur le dos des chômeurs », a déploré Laurent Berger de la CFDT au mois de septembre dernier.

Source france bleu

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