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Les policiers sont priés de porter leur RIO. - BFMTV

Un site internet va être bientôt lancé pour recenser des photos et des vidéos de policiers qui n’affichent pas leur RIO, référentiel des identités et de l’organisation, lors des interventions. L’objectif est d’alerter leur hiérarchie sur le fait que de nombreux agents ne le portent pas notamment lors des manifestations.

Sept chiffres pour une identification individuelle des policiers. Le RIO, pour référentiel des identités et de l’organisation, est dans le collimateur de nombreuses associations de lutte contre les violences policières qui estiment que ce matricule, qui s’accroche avec un scratch à la tenue, n’est pas assez porté par les fonctionnaires. Un site internet NORIO.org sera lancé prochainement par ces associations de défense des citoyens.

L’objectif de ce futur site est de collecter des photos et des vidéos des policiers ne portant pas leur RIO sur leur tenue de manière visible. Une obligation depuis le 1er janvier 2014 où il est imposé aux policiers et gendarmes de se « conformer aux prescriptions relatives à son identification individuelle », « sauf exception justifiée par le service (…) ou la nature des missions », selon le code de la sécurité intérieure.

Rappel à l’ordre

Le but de ce site est de collecter suffisamment de matière pour réaliser des signalements massifs à l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale, et d’obtenir des sanctions à l’encontre des policiers qui ne porteraient pas ce fameux matricule. Des sanctions disciplinaires prévues par le code de la sécurité intérieure mais qui ne sont pas prononcées. A ce jour, aucun fonctionnaire n’a été sanctionné pour ne pas avoir porté son matricule, uniquement connu du service ressources humaines de la police nationale. Des policiers qui ont reçu un rappel à l’ordre du ministre de l’Intérieur en début de semaine:

« Policiers ou gendarmes, représenter les forces de l’ordre, c’est être un modèle, c’est assumer qui ont est et porter son RIO », a martelé Christophe Castaner lors des voeux à la police nationale, les rappelant également à leur « devoir d’exemplarité ».

La principale difficulté de ce non-port de RIO réside dans le fait qu’il est quasi impossible, notamment dans des enquêtes ouvertes pour des suspicions de violences policières illégitimes, d’identifier un policier s’il n’arbore pas son matricule. « Il y a quelques jours, je défendais un manifestant qui a pris un coup de matraque lors d’une manifestation, un coup de matraque qui est avéré comme étant illégitime et illégal », explique Me Raphaël Kempf. « Seulement trois policiers se trouvaient autour de mon client quand il reçoit ce coup de matraque. Ils sont casqués, masqués et sur les vidéos, on ne voit pas leur RIO. »

« Donc le procureur de la République m’écrit un courrier pour m’informer qu’il va classer ce dossier parce qu’il n’a pas réussi à identifier lequel des trois policiers qui a donné le coup de matraque, notamment parce qu’on ne voit pas leur RIO. En masquant leur RIO ou en ne le rendant pas visible, les policiers, me semble-t-il, organisent leur propre impunité. »

Crainte de suspicions

Pour beaucoup de policiers qui refusent de l’afficher, le port de ce RIO crée une suspicion à leur égard. « La plupart de ceux qui refusent de le porter ont la peur d’être identifiés ou harcelés dans leur vie professionnelle et dans leur vie privée, cette peur est légitime (…) », estime David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale française.

Par ailleurs, le port de ce RIO présente des difficultés d’ordre pratique. Lors des manifestations, les policiers ne peuvent accrocher, de manière visible, cet écusson sur leur gilet tactique. Idem pour les brassards. Les policiers estiment que leurs uniformes n’ont pas été conçus pour pouvoir porter ce RIO.

 

Source : BFM.TV

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