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French Junior Minister for Digital affairs Cedric O speaks during a session of questions to the Government at the French National Assembly in Paris on May 21, 2019. (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

Au Sénat, le secrétaire d’État a utilisé un VPN sur son portable pour prouver en direct à quel point l’identification en ligne est facilement contournable.

Démonstration express. En pleine séance au Sénat, le secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des communications, Cédric O, a utilisé son portable muni d’un VPN (réseau privé virtuel) pour prouver en “deux secondes” que l’obligation de fournir son identité sur les réseaux sociaux réclamée par certains n’aidera pas à résoudre le problème de la haine en ligne, comme le montre notre vidéo en tête d’article.

Cédric O intervenait au Sénat ce jeudi 19 novembre pour répondre à des propositions visant à endiguer les contenus haineux sur Internet. Face à celle de la sénatrice LR de l’Essonne, Laure Darcos, d’obliger les utilisateurs de réseaux sociaux à prouver leur identité lors de leur inscription, et donc à remettre en cause l’anonymat en ligne, le secrétaire d’État a dégainé son portable muni d’une application VPN.

Il a ensuite utilisé ce VPN pour indiquer à ces réseaux sociaux qu’il se trouvait en Allemagne. L’objectif de cette manœuvre? Prouver que l’identification et la localisation en ligne sont très facilement contournables.

“Jamais vous ne m’obligerez à m’identifier puisque les Allemands ne demandent pas l’identification”, a-t-il indiqué devant Laure Darcos et ses homologues. Or “l’Europe ne demandera jamais l’identification obligatoire”, a-t-il prévenu.

Un débat récurrent

Les débats sur l’anonymat et la haine en ligne sont des sujets récurrents depuis l’essor des réseaux sociaux et la radicalisation via Internet. La problématique des contenus haineux en ligne a particulièrement refait surface suite à l’assassinat de Samuel Paty en octobre dernier.

Emmanuel Macron avait fait la promesse de renforcer l’arsenal législatif pour contrer ce phénomène et Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, avait annoncé le 18 octobre un “dispositif juridique de lutte contre la haine sur les réseaux sociaux.”

La loi Avia, en grande partie censurée en juin 2020 par le Conseil constitutionnel, visait justement à “mettre fin à l’impunité” de la haine en ligne. Il a été néanmoins jugé que certaines obligations portaient atteinte à la liberté d’expression et de communication.

Dans un article publié le 20 octobre dernier sur Medium, Cédric O expliquait aussi que la question de “l’anonymat” en ligne était un “très mauvais combat”, selon lui. “On peut avoir une appréciation personnelle sur le courage de celles et ceux qui n’osent pas assumer leur propos”, écrivait-il.

“Il n’empêche que ces personnes sont, la plupart du temps, non pas anonymes mais simplement sous pseudonyme et que la police et la justice ont les moyens de les retrouver et de les sanctionner.”

Source : Huffingtonpost

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