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Cet homme aurait suivi le principal suspect dans le métro. // STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Un homme présenté comme un deuxième suspect après l’attaque au hachoir qui a fait deux blessés graves vendredi à Paris a été mis hors de cause.

La garde à vue du deuxième suspect dans l’attaque au hachoir à Paris vendredi 25 septembre, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, a été levée car l’homme qui se trouvait à proximité du lieu de l’attaque a été mis «hors de cause», a affirmé samedi 26 septembre à l’AFP une source judiciaire.

«Il doit être présenté comme un héros, il a eu un comportement héroïque», a affirmé Me Lucie Simon au sujet de son client, «Youssef» (nom d’emprunt), sorti libre vendredi soir après avoir passé une dizaine d’heures en garde à vue auprès des enquêteurs antiterroristes.

«Youssef était au niveau du boulevard Richard Lenoir, il entend le cri d’une femme, puis d’un homme et voit quelqu’un partir avec un couteau et qui fait tomber ce couteau à l’entrée de la bouche de métro», raconte-t-elle. «Mon client, qui a fait cela plusieurs fois dans sa vie, se met à lui courir après pour l’arrêter. Il se dit qu’il a dû agresser une femme, sans se douter du caractère terroriste de l’affaire», poursuit-elle. «Il descend en trombe ans le métro, il voit que (le principal suspect) est sur l’autre quai, il crie ‘qu’est-ce que t’as fait ?’. L’assaillant le pointe avec un cutter et rentre dans le métro. Mon client arrête de le poursuivre parce qu’il est menacé», ajoute-t-elle.

Une source proche de l’enquête a confirmé à l’AFP les grandes lignes de ce récit.

L’homme, âgé de 33 ans, de nationalité algérienne et présent depuis moins de dix ans en France, s’est «ensuite présenté aux policiers pour témoigner. Il a été placé en garde à vue, avec une interpellation type affaires de terrorisme : menottes, yeux bandés», a déclaré son avocate. Elle estime qu’il n’était pas «strictement nécessaire» que son client soit placé en garde à vue alors que d’après elle, les enquêteurs «avaient déjà tous les éléments». «Ils avaient les vidéos de mon client, qui avait aussi croisé un policier avant d’être interpellé, à qui il avait donné la direction du suspect». «J’ai cru qu’on allait me traiter comme un héros et on m’a mis derrière les barreaux», a notamment dit son client.

Le principal suspect, Ali H., arrêté place de la Bastille peu après l’attaque, était toujours en garde à vue samedi en fin de journée, ainsi qu’au moins huit autres personnes.

«Manifestement, c’est un acte de terrorisme islamiste», a estimé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin vendredi soir sur France 2, déplorant «une nouvelle attaque sanglante contre notre pays». Pour lui, la menace contre la rue du 11e arrondissement où les faits ont eu lieu – celle où le journal déjà visé avait ses anciens locaux – a été «sous évaluée». Il a précisé avoir demandé au Préfet de Police «pourquoi».


Une dizaine de personnes arrêtées

Deux nouvelles personnes, le frère et une connaissance du principal suspect, ont été placées en garde à vue samedi dans l’enquête. Au total, neuf personnes sont actuellement en garde à vue : outre ces deux personnes, il s’agit du principal suspect, de cinq hommes qui se trouvaient vendredi après-midi dans l’un de ses domiciles présumés à Pantin (Seine-Saint-Denis) et d’un «ancien colocataire» placé en garde à vue tard vendredi soir.

Source : Le Figaro

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