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Médéric Chapitaux (ci-contre), auteur de Le Sport, une faille dans la sûreté de l’État, a animé une conférence la semaine dernière, à l’hôpital Sainte-Anne. Photo C. S.

« Le terroriste n’est pas fou. » Les confessions choc d’un gendarme spécialiste de la radicalisation dans le sport

Ancien gendarme, Médéric Chapitaux, spécialiste de la radicalisation dans le sport, est venu à Toulon sensibiliser dirigeants et responsables.

Organisée par la Direction départementale de la cohésion sociale du Var (1), la conférence « Comprendre et prévenir la radicalisation dans le sport » a été très suivie.

De nombreux présidents départementaux, éducateurs sportifs salariés, bénévoles, étudiants en Staps (plus de quatre-vingts personnes) étaient présents.

Elle fut un véritable choc pour ces participants, qui ont découvert que tous les auteurs des derniers attentats de 2012 à 2019 ont été recrutés principalement dans le futsal, les sports de combat et la musculation.

En sortant de la salle, ils étaient nombreux à souhaiter s’inscrire aux prochaines sessions de formation à la prévention, organisées régulièrement par la DDCS du Var.

« Aucune religion ne prône la violence »

L’intervenant, Médéric Chapitaux, auteur du livre Le Sport, une faille dans la sûreté de l’État, en finalisation de sa thèse doctorante sur le sujet, a livré un discours direct qui s’appuie sur des données scientifiques.

« Il n’y a aucune religion dans le monde qui prône la violence et la mort, a expliqué l’analyste. Il ne faut pas faire d’amalgame. Et la religion a toujours existé dans le sport. Il y a des déviances. Il faut savoir comment on la gère ou comment on la subit. »

Et de poursuivre: « En 2017, 11.820 cas de radicalisation ont été signalés (110 dans le Var). Dans l’Allier, il y avait trois cas relevés et un est passé à l’acte: Abdel Malik Petitjean faisait partie du groupe qui a égorgé un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray, il pratiquait du handball et du kickboxing. Pourquoi est-il passé à l’acte? C’est comme un problème technico-tactique dans le sport: il faut avoir les clés pour mieux comprendre, pour avoir des pistes de solutions et avoir les bonnes procédures. Ce n’est pas une pathologie, le terroriste n’est pas fou. On fait trop vite des raccourcis. »


1. En partenariat avec la préfecture, le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) et le ministère des Sports la semaine dernière à l’hôpital Sainte-Anne de Toulon.

Source : Var Matin

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