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Policiers, compagnie cynophile, BAC de nuit de Paris et du 94… Ils ont consigné leur intervention dans des rapports que « Le Point » publie. Bruts et terrifiants.

En ce 13 novembre 2015, à l’annonce d’une explosion au Stade de France sur les ondes internes à la police, puis des attaques des terrasses et du Bataclan, tous les policiers parisiens et de la petite couronne mettent un terme à leur mission courante pour converger vers les lieux des drames. Certains en congé bravent leur règlement. Les interventions des policiers sont consignées dans des rapports que Le Point publie ce 13 novembre 2019, quatre ans après les attaques terroristes qui firent 131 morts.

Commissaire BAC 75 nuit : « Ce jour vers 21 h 20, je captais un appel annonçant une explosion au Stade de France. Alors que je me dirigeais vers ces lieux, d’autres appels signalaient une succession de tirs sur le 10e et 11e arrondissement de Paris. »

Policiers d’arrondissement : « Nous nous sommes diligentés rapidement à hauteur du 22, rue Bichat à Paris 10. Sur place, nous avons constaté que nous étions le deuxième véhicule à arriver sur les lieux de cette tragédie. À première vue, nous avons observé que les effectifs présents repoussaient des personnes visiblement choquées, affolées, paniquées. Nous avons mis tous les quatre pied à terre afin de les assister dans leur action, et c’est à ce moment-là que nous avons tous pris conscience de l’ampleur de la situation. En effet, outre les multiples personnes terrorisées, nous avons été stupéfaits de découvrir la présence de nombreux corps, une vingtaine environ, enchevêtrés, ensanglantés, mutilés, criant, gisant sur la voie publique, présentant des traces d’impacts de balle. Plusieurs des corps étaient si abîmés, nous laissant penser que toutes tentatives de secours se seraient avérées vaines. À la vue de cette scène horrible, nous nous sommes tous les quatre dispersés afin de pouvoir secourir au mieux et dans nos possibilités les victimes de cet attentat. Un gardien de la paix s’est immédiatement dirigé vers Le Petit Cambodge, où une victime de sexe féminin présentait un impact de balle au niveau de la poitrine côté droit. Cette dernière arrivait difficilement à maintenir une respiration constante, mais une tierce personne s’occupait des premiers secours à lui apporter. Cette dernière se trouvait au chevet d’une autre jeune femme qui gisait morte avec un proche à elle. Ce proche pleurait son décès et hurlait sa douleur. Une femme du type européen, cheveux longs châtain clair, haut noir, s’est approchée des gardiens de la paix en se plaignant d’une douleur à l’omoplate gauche. Par mesure de précaution et conformément aux gestes de premiers secours, les gardiens ont fait asseoir cette jeune femme afin de l’ausculter. Ils ont constaté un point d’impact au niveau de son omoplate gauche. Ils ont fait appel à un sapeur-pompier présent sur les lieux afin de prendre en charge cette victime. Un point de sortie a également été constaté au niveau du dos. Les gardiens de la paix ont ensuite progressé ensemble dans la rue Bichat, et ont constaté la présence d’un véhicule de marque Renault Clio de couleur grise. Celui-ci était multi-impacté avec les vitres brisées, un chargeur courbe ainsi que plusieurs douilles se trouvaient sur le sol côté conducteur. Ils ont par la suite remonté la rue Bichat vers les premiers numéros afin d’élargir le périmètre de sécurité. En revenant sur les lieux, une sécurisation visuelle sous les voitures a été effectuée pour la recherche d’éventuels indices et témoins visuels des faits.

Un requérant s’est présenté à nous, signalant qu’un de ses amis se trouvait dans le Bataclan au 1er étage, dans les toilettes, et qu’il communiquait avec lui via la messagerie Facebook. Nous avons alors tout de suite présenté ce requérant pour la transmission de ces éléments. »

BAC Vincennes : « Nous trouvons à l’angle de la rue de Montreuil (Paris 11), face à la Brasserie Le Comptoir Voltaire, où se déroule une scène d’horreur absolue. Précisons que nous sommes les premiers effectifs de police présents.

Des gens choqués au plus haut point déambulent, des corps sont au sol et des traînées de sang maculent le sol. Constatons la présence d’un premier camion de sapeurs-pompiers qui prodiguent les premiers soins et effectuent un massage cardiaque sur un homme inanimé au sol. Nous trouvons avec eux et voyons de nombreux blessés graves. Établissons immédiatement un périmètre de sécurité et bloquons les rues principales. Les faits se sont déroulés sous la terrasse couverte et à l’entrée de la salle principale. Constatons de nombreux impacts sur les différentes vitres et murs du restaurant. Voyons distinctement que les impacts ont été faits de l’intérieur de l’établissement et non de l’extérieur. Précisons que le sol de la terrasse couverte est jonché d’écrous. Devant l’entrée principale de la brasserie, une veste noire déchiquetée et maculée de sang est au sol. Une partie des tables du restaurant est cassée et de nombreux débris jonchent le sol. Treize personnes sont évacuées, dont cinq en urgence absolue .Concernant la personne en arrêt cardio-respiratoire, constatons que les pompiers effectuent un massage à l’aide d’une cardia pompe. Puis, intrigués par des fils qui dépassent de l’individu, ils viennent nous solliciter. Examinons avec toute la précaution nécessaire l’abord immédiat du corps. Constatons la présence de différents objets s’apparentant à des explosifs. À savoir une sorte de plastron entouré de papiers collants verts. Ce dernier est éventré sur le côté et laisse apparaître une matière pâteuse blanche. Le plastron est relié par deux fils (un rouge, un noir) à un petit boîtier noir avec un bouton poussoir s’apparentant à un détonateur et une pile carrée. Les sapeurs-pompiers nous indiquent que l’homme est décédé. Les démineurs nous précisent que l’individu semble s’être constitué une sorte de gilet de TATP (le plastron que nous avons trouvé à proximité du corps) et qu’il avait à disposition un détonateur. Le détonateur produit une flammèche qui fait immédiatement exploser le TATP, c’est un explosif artisanal avec une matière particulièrement instable. Les fonctionnaires du déminage nous informent qu’une partie du dispositif n’a pas explosé et qu’il demeure extrêmement dangereux. Ils nous demandent de maintenir le dispositif en place le temps qu’ils aillent chercher du gasoil afin de neutraliser le TATP. Ces derniers reviennent quelques minutes plus tard et neutralisent l’explosif. Précisons que ces derniers emportent le reste d’explosif neutralisé et plongé dans un bain de gasoil. »

Personne n’était préparé à parer une attaque d’une telle ampleur. Après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, en janvier 2015, la mesure de la menace n’était pas encore prise par le gouvernement de l’époque. Les forces de l’ordre primo-intervenantes sur les attentats – les policiers du quotidien, en tenue comme ceux que tout le monde peut croiser ou en civil pour les brigades anticriminalité – ne seront équipées qu’après le 13 novembre de boucliers modernes ou de gilets pare-balles lourds résistant aux armes d’assaut. Le 16 novembre, François Hollande, président de la République, annonce la création de 5 000 postes pour la police et la gendarmerie. Les brigades anticriminalité disposeront à partir de février 2016 d’un armement adéquat avec la dotation de fusils d’assaut HK-G36 censés riposter aux armes de guerre des terroristes.

BAC nuit 75 : « Le dernier appel vers 21 h 50 faisait état d’une action terroriste en cours dans la salle de concert du Bataclan. Sur place, en premiers intervenants, nous avons été requis par un passant nous signalant l’attaque. L’individu caché derrière un bus, portable à la main, nous indiquait que des terroristes tiraient sur la foule. Nous entendions effectivement plusieurs tirs au coup par coup et en rafale d’armes de guerre. Nous progressions alors rapidement arme de poing à la main vers l’entrée, où plusieurs corps gisaient déjà au sol, mortellement touchés par des tirs. Dans le même temps, des hurlements nous parvenaient, entrecoupés de détonations multiples.

Nous pénétrions dans le sas d’accès en franchissant les premières portes vitrées et constations l’ouverture soudaine des secondes portes, plusieurs dizaines de personnes se précipitant vers nous en hurlant. À ce moment, nous distinguions clairement un individu de type européen ou nord-africain, les cheveux noirs, porteur d’une veste noire avec un fusil d’assaut à la main de type kalachnikov qu’il tenait à deux mains vers le plafond. II se tenait à environ dix mètres de cette porte de sortie principale et à une vingtaine de mètres de nous. Les portes se refermaient et les tirs reprenaient.

Nous décidions, vu l’urgence, de progresser dans la salle de concert. La salle était très illuminée, des spots de scène étant dirigés vers notre position. Plusieurs centaines de personnes étaient couchées au sol, ne pouvant déterminer lesquelles étaient vivantes ou décédées. Un silence de mort, ponctué par des détonations, rendait cette scène indescriptible et effrayante, un véritable tapis de corps humains enchevêtrés et ensanglantés se trouvant devant nous. Pénétrant dans la salle sur environ cinq mètres, nous constations sur la gauche de la scène la présence d’un individu de type nord-africain, cheveux courts, voire rasés, vêtu d’un haut noir tenant une kalachnikov et mettant en joue un individu en lui intimant de se coucher au sol. Ce jeune homme avait les mains sur la tête.

Vu l’urgence et la situation de légitime défense pour autrui, nous nous sommes positionnés pour faire feu. Nous étions à environ vingt-cinq mètres, le terroriste était de profil gauche. Nous prenions appui sur une rambarde avec notre arme et engagions le feu à quatre reprises sur ce dernier. Notre équipier se trouvant sur notre droite faisait dans le même temps feu à deux reprises. L’individu, visiblement touché, poussait un râle et tombait au sol avant de relever la tête légèrement. À cet instant, une grosse explosion survenait à son niveau, supposant qu’il avait activé une ceinture d’explosifs. Les tirs de kalachnikovs provenant du premier étage reprenaient immédiatement en notre direction, nous reculions.

Plusieurs détonations étaient encore entendues. Nous reculions avant de progresser à nouveau. Ouvrant la porte avec précaution, nous étions pris sous le feu une nouvelle fois. Nous tirions à nouveau deux fois avec notre arme avant de reculer pour nous protéger.

Nous entendions alors distinctement un des terroristes se rapprocher des portes battantes au niveau de l’escalier menant au bar et effectuer un rechargement de sa kalachnikov, un chargeur tombant au sol et la culasse étant tirée vers l’arrière. Après quelques instants, une victime blessée par balle rampant vers nous parvenait à ouvrir légèrement la porte en demandant à l’aide. Nous progressions et la tirions rapidement vers l’extérieur ; elle nous déclarait être commissaire de police (spectateur du concert NDLR) et nous indiquait que les terroristes étaient trois ou quatre avec des kalachnikovs. Il était extrait vers le point de regroupement des victimes. Quelques instants après, une femme blessée a de la même façon poussé la porte en demandant secours, nous progressions vers elle et la tirions vers l’extérieur. »

BAC 94 : « Dans le passage Saint-Pierre-Amelot, une porte de secours s’est ouverte au niveau du théâtre et plusieurs rafales ont été tirées en notre direction par les assaillants, et il s’agissait d’armes d’épaule de type kalachnikov. Un des fonctionnaires BAC 94N a riposté également, deux tirs de fusil à pompe ont été tirés, les balles des auteurs ricochaient devant nous, effritant le mur d’où l’on se protégeait, atteignant même un camion de sapeurs-pompiers se trouvant derrière nous. Un gardien de la paix a été très légèrement éraflé par un éclat de mur au niveau de sa main gauche. À cet instant, vu les nombreux tirs de kalachnikovs, nous nous sommes repliés en tirant la victime inconsciente. »

Depuis la zone de guerre en Syrie, le commando de l’organisation État islamique a pu franchir les frontières qui séparent le Moyen-Orient de l’Europe jusqu’à Bruxelles et Paris. L’échec des services de renseignements extérieurs, celui de la DGSE, n’a fait l’objet que d’une seule autocritique par son patron en commission d’enquête parlementaire bien après le carnage. Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a toujours prétendu qu’il n’y avait aucune faille. La réalité lui a donné tort. Aucun haut fonctionnaire n’a été remplacé à la suite de ce massacre. Patrick Calvar a été maintenu à la tête de la DGSI, bénéficiant d’une plus grande indulgence que Bernard Squarcini, patron de la DCRI au moment de l’attentat perpétré par le djihadiste Mohammed Merah.

BAC 75N : « À plusieurs reprises, nous retournions dans la salle en tentant de calmer les gens et en leur donnant pour instruction de ne plus bouger et de rester au sol. Ces personnes nous suppliaient de les aider, d’autres nous faisaient signe des deux doigts pour indiquer le nombre de terroristes présents. Il était impossible pour nous de progresser plus avant sans mettre gravement en danger la vie de nos fonctionnaires. Plusieurs otages semblaient encore être présents dans les étages. L’un d’entre eux, que nous ne pouvions voir, nous criait un numéro de téléphone à contacter à la demande des terroristes qui voulaient parler à un responsable. À l’extérieur, les terroristes ayant manifestement pris position au premier étage tiraient en rafale vers les camions de pompiers stationnés à proximité. »

Les policiers des BAC se constituent en colonne : « Nous avons rejoint l’entrée du Bataclan, où nous attendaient les éléments de la force d’Intervention de la BRI. En leur compagnie, nous avons pénétré dans la salle du Bataclan. Après avoir déployé les éléments porteurs de boucliers balistiques lourds et d’armes longues de la colonne BAC 75N(uit) le long des balustrades de la fosse et dans l’axe de l’allée de droite, le trinôme de la BRI a progressé pour couvrir l’allée latérale se situant après le bar, sur la gauche en entrant, l’ensemble permettant d’assurer un appui-feu, deux des terroristes au moins étant encore retranchés dans le bâtiment. Le commissaire divisionnaire a demandé, à haute et intelligible voix, aux otages en état de marcher d’évacuer les lieux un par un, les otages se sont, dans un premier temps, tous levés. Afin de ne pas risquer un mouvement de foule permettant à un terroriste de sortir, l’un des fonctionnaires de la BRI a fait cesser la manœuvre. Ce même fonctionnaire a donc donné à son tour ordre aux otages valides de sortir un par un, ce qu’ils ont fait. Des effectifs de la BAC 75N, assistés de quelques fonctionnaires d’arrondissement, se trouvaient dans le sas d’entrée afin de les soumettre à une palpation de sécurité dans le but de repérer un éventuel kamikaze mêlé aux rescapés.

Tous les otages valides évacués, le commissaire a commencé à tirer un blessé vers la sortie. Il m’a demandé des fonctionnaires pour l’assister. J’ai alors sollicité les fonctionnaires de la colonne, nous nous sommes avancés jusque dans le premier quart de la fosse, on a commencé à porter les blessés les plus accessibles en commençant par ceux se trouvant au plus près du pied des marches de la fosse puis en s’y avançant de plus en plus. Nous avons été interrompus dans cette mission par le médecin de la BRI qui nous a demandé de cesser l’évacuation des blessés. Nous avons donc repris nos positions initiales derrière nos porteurs de boucliers. Une fois les premières dizaines de mètres sécurisées, nous avons procédé à l’évacuation de toutes les personnes encore vivantes se trouvant au niveau du bar en les portant et les traînant au sol jusque dans le hall.

Nous avons ensuite effectué la même opération pour les personnes se trouvant sur la piste. Les gens hurlaient de douleur, nombre d’entre eux présentaient des impacts de balle. Plusieurs cadavres éparpillés gênaient notre progression, des morceaux de chair jonchaient le sol en divers endroits et des flaques de sang rendaient la surface très glissante. La BRI et le Raid ont alors mis en place leurs colonnes d’assaut et ont commencé l’investigation du bâtiment.

Nous avons brièvement repris l’évacuation des blessés présents dans la fosse, avant d’être définitivement interrompus. En effet, un ou plusieurs individus auraient été aperçus dans un immeuble de la rue Amelot sise à quelques encablures du Bataclan, armes à la main et retranchés dans ledit immeuble. Les fonctionnaires s’y sont alors immédiatement transportés. Ils ont découvert trois personnes correspondant aux signalements. Les vêtements de ces trois personnes étaient maculés de sang. Ils nous ont expliqué s’être échappés du Bataclan et s’être réfugiés dans les sous-sols de l’immeuble. Après les avoir palpés et avoir vérifié leurs sacs, nous les avons escortés jusqu’au poste de secours afin qu’ils soient pris en charge par les équipes médicales. »

BAC 94 : « J’ai rapidement fait appel aux services de déminage en relatant la découverte d’une bombe. L’individu porteur de ce dispositif (explosif, NDLR) était de type nord-africain, 30 ans, mince, taille moyenne, porteur d’une barbe naissante, vêtu d’un tee-shirt noir déchiré et d’un jean. Un blouson noir arraché se trouvait à proximité directe de son corps. Le dos de cet individu est en partie arraché. À 23H30, nous avons été rejoints par l’équipe de déminage, à qui j’ai relaté et désigné l’engin explosif découvert. Ils m’ont confirmé que l’engin était actif et très dangereux dans la configuration actuelle, qu’il s’agissait d’un TATP, un explosif artisanal primaire et puissant. Après cette étude, ils nous confient à nouveau la surveillance de cette bombe, le temps d’aller chercher un produit permettant de neutraliser et transporter en toute sécurité l’engin explosif. Nous avons été rejoints par les effectifs de la BAC 931, qui nous ont aidés à gérer le dispositif de sécurité pendant que les effectifs de déminage neutralisaient la bombe. L’intervention des démineurs s’est terminée à 1 heure. »

BAC 75N : « Nous avons regagné les abords du Bataclan, dont nous avons été évincés par les CRS qui mettaient en place un périmètre afin de sécuriser les constatations de la police judiciaire. Vers 3 heures, fin de notre mission.

Il est à noter qu’au début de notre intervention les terroristes ont pourchassé dans le passage Amelot les victimes qui s’enfuyaient par la sortie de secteurs. Plusieurs étaient assassinés dans la rue. L’arrivée rapide des effectifs de la BAC 94 et des effectifs civils BAC 75N les contraignait à réintégrer le bâtiment.

En conclusion, je tiens à préciser que, malgré les risques encourus, le nombre et la position des terroristes n’étant pas connus avec précision lors de l’entrée de la colonne BAC 75N dans le bâtiment, l’ensemble des fonctionnaires a fait preuve d’un très grand professionnalisme et d’un courage exceptionnel, jusqu’à la neutralisation définitive de la menace.

On soulignera l’extrême bravoure de tous les effectifs étant intervenus, ces derniers n’ayant à aucun moment hésité à engager leur intégrité physique pour sauver des vies ou extraire les victimes. »

Source : Le Point

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