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Une soixantaine d’autres seront libres en 2021.

Par Le Figaro avec Paule Gonzalès et Pierre Sautreuil

Invitée de la matinale sur RTL, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé lundi 24 février que 43 djihadistes condamnés en France sortiront de prison en 2020. Cette mesure concerne «une soixantaine d’autres pour 2021», a dit la ministre.

En janvier dernier, le premier à être sorti était Flavien Moreau. Il avait été condamné en 2014 pour «association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte de terrorisme» à une peine de sept ans qu’il aura purgé au-delà. En détention depuis 2013, Flavien Moreau avait été fait de multiples tentatives de voyage en Syrie. Selon les surveillants, Flavien Moreau est resté en détention un leader radical charismatique. Il est désormais dans la nature.

  • Quels risques présentent ces anciens détenus?

Les efforts de déradicalisation menés en prison se sont pour le moment avérés peu concluants. «Je ne suis pas certaine que l’on puisse aboutir à un désengagement salafo-djihadiste durant le temps de la détention», prévenait en 2018 Naima Rudloff, avocate générale près la cour d’appel de Paris et chef du service de l’action publique antiterroriste et atteinte à la sûreté de l’État. «Prétendre être sorti du terrorisme ne suffit pas à constituer une preuve. Ce n’est qu’à la sortie de prison que cette dernière commence mais aussi le risque. Et en matière de terrorisme, le risque de récidive est très élevé.»

  • Quel suivi est mis en place pour ces djihadistes libérés?

L’administration pénitentiaire, interrogée par Le Figaro, précise que c’est le juge d’application des peines du parquet national antiterroriste qui est en charge du suivi de ces détenus après leur libération. Le cas de Flavien Moreau, actuellement considéré comme tout aussi radicalisé que lors de son arrivée en prison, illustre la manière dont ce suivi peut se déployer. Sur le plan judiciaire, il peut s’agir d’un certain nombre d’interdictions, notamment celle d’entrer en contact avec certaines personnes, ainsi qu’un suivi renforcé de la part des services d’insertion et de probation. Sa surveillance administrative prévoit par ailleurs une interdiction de sortie de sa commune de domiciliation et un pointage quotidien. Reste à savoir si ces mesures suffiront à rassurer. «C’est la responsabilité de l’État, et beaucoup plus largement de la société française, de se saisir de cet enjeu, à mes yeux le plus important de la décennie 2020», affirmait encore Hugo Micheron au magazine Society.

Source : Le Figaro

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