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L’ex-président de la Commission a été pris en flagrant délit de lobbying à Bruxelles au mépris de son engagement. La médiatrice de l’Union relance l’affaire…

Il a suffi d’un simple rendez-vous entre José Manuel Barroso et le commissaire finlandais Jyrki Katainen dans un hôtel bruxellois pour relancer le scandale. La médiatrice européenne Emily O’Reilly a décidé de remettre au goût du jour l’affaire, car ce rendez-vous, datant du 25 octobre dernier, « a été enregistré comme réunion avec la banque Goldman Sachs et a donc été considéré comme une rencontre à des fins de lobbying ». La médiatrice saisit le comité d’éthique de la Commission afin qu’il réexamine le cas Barroso et éventuellement prononce une nouvelle interdiction de tout lobbying auprès de la Commission pour plusieurs années supplémentaires. La Commission est invitée à répondre d’ici au 6 juin. Jyrki Katainen est notamment chargé des investissements et de la compétitivité.

L’ancien président de la Commission européenne avait provoqué un tollé en rejoignant la banque Goldmann Sachs à l’été 2016. Cette banque a, en effet, joué un rôle dans la crise financière qui a frappé le monde en 2008 et José Manuel Barroso était en première ligne en tant que président de la Commission. Cette reconversion discutable avait néanmoins été acceptée par le comité d’éthique de la Commission dans la mesure où Barroso s’était engagé à ne pratiquer aucun lobbying auprès de la Commission. Emily O’Reilly considère que José Manuel Barroso n’a pas respecté cet engagement en évoquant, selon les dires de Jyrki Katainen, des questions de commerce et de défense à l’occasion de ce tête-à-tête. Jyrki Katainen indique qu’il n’a pris aucune note du contenu de la conversation, ni pendant ni après.

Vers un allongement du délai ?

« Les anciens commissaires ont le droit d’occuper un poste, précise la médiatrice, mais, en tant qu’anciens fonctionnaires, ils doivent également veiller à ce que leurs actions ne sapent pas la confiance que les citoyens portent en l’UE. Le nouveau poste de M. Barroso a provoqué de sérieuses inquiétudes dans l’opinion publique, ce qui aurait dû tout au moins susciter des inquiétudes au sein de la Commission quant au respect du devoir de discrétion. » « Je n’ai pas fait de lobbying auprès de l’UE et je n’en ferai pas », s’est défendu sur Twitter José Manuel Barroso.


Le code de conduite des commissaires européens a été renforcé et est entré en vigueur au 1er février 2018. Selon celui-ci, les anciens commissaires doivent notifier à la Commission leur nouvelle fonction dans les deux ans qui suivent la fin de leur mandat. Emily O’Reilly suggère d’allonger ce délai de « plusieurs années ».

Source Le point

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