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PARIS, FRANCE - SEPTEMBER 16: Muslims take part in Friday prayers outside an old fire station barracks converted for the purpose on September 16, 2011 in Paris, France. A ban on street prayers has been brought into effect across France as of today, with Muslim men and women having to seek alternative spaces in which to practise their religious activities. The move has generated anger within elements of the French muslim population, already restricted in their display of religious symbols, and is viewed by many as a political move by President Sarkozy to attract support from far-right supporters within the French public ahead of the 2012 French presidential elections. (Photo by Franck Prevel/Getty Images)

Le Grand Témoin est Hakim El Karoui, normalien, agrégé de géographie, ancien conseiller du Premier ministre. Auteur de « L’Islam, une religion française » (Gallimard), il présente son ouvrage où il se prononce pour une meilleure organisation de l’Islam en France.

 

La thèse principale de son livre est simple : « il faut accepter que l’islam soit devenu une religion française », explique-t-il. Il existe plusieurs raisons à cela. D’abord, c’est la religion la plus pratiquée régulièrement avec trois millions de fidèles, contre un million et demi environ chez les catholiques. Les musulmans sont aussi majoritairement français et nés en France. « Il faut trouver une organisation française pour lutter contre le séparatisme et plus généralement contre l’islamisme », en déduit l’auteur. Pour cela, il faut connaître l’islam, aussi bien les administrations que les citoyens, car : « ça concerne l’ensemble de la collectivité », ajoute-t-il.

Un changement de logiciel

Pour organiser le culte musulman, l’auteur se prononce pour un changement dans le raisonnement. « Avant on pensait que c’était une religion d’étrangers », indique-t-il. La gestion des mosquées avait donc été confiée à des représentants étrangers : Turquie, Algérie, Arabie Saoudite… « Tout le monde a compris que des mosquées à base de représentants étrangers c’était voué à l’échec », analyse-t-il. Le Conseil français du culte musulman représente plus les intérêts des puissances étrangères que les français musulmans. Il faut donc penser une organisation sans les pays étrangers. Pour Hakim El Karoui, Emmanuel Macron l’a bien compris et il est confiant dans la volonté du Président. Cependant, il rappelle que l’Etat est laïc. Il doit donc impulser, coopérer mais il ne doit pas faire. Dans les enjeux à traiter, il y a notamment : « un sujet d’organisation des financements pour ensuite bifurquer sur la formation des imams et le travail théologique. C’est la que tout se joue », termine l’auteur.

Source radioNotreDame