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Le 12 janvier, Olivier Beziade était grièvement blessé dans une manifestation à Bordeaux. Le Monde.fr a reconstitué le déroulé des faits et assure que le père de famille a été victime d’un tir de LBD en pleine tête. Des éléments déjà connus des enquêteurs, assure Me Foucard, avocat de la victime.

Le 12 janvier, Olivier Beziade, 47 ans s’écroule dans la rue, face contre sol, rue de la Maison Daurade à Bordeaux. Quelques secondes plus tôt, les gendarmes avaient chargé des Gilets jaunes qui manifestaient entre la rue Sainte-Catherine et la place de la Comédie.
Grièvement blessé à la tête, victime d’une hémorragie cérébrale, Olivier Beziade est plongé dans un coma artificiel pendant plusieurs jours.

Analyse de centaines d’images

Que s’est-il passé ? Comment ce pompier volontaire de Bazas, père de trois enfants et venu manifester avec sa femme a pu se retrouver entre la vie et la mort en l’espace de quelques secondes ?
Une reconstitution en vidéo du Monde.fr retrace le déroulé des quelques minutes précédant sa chute au sol. Un travail d’enquête minutieux, s’appuyant sur des dizaines de témoignages et des centaines d’images, qui modélise en 3D le parcours des manifestants.

Tir en pleine tête

D’après cette enquête, Olivier Beziade, qui manifestait sans montrer d’animosité envers les forces de l’ordre, a été victime d’un tir de LBD 40 en pleine tête, alors qu’il remontait la rue de la Maison Daurade, s’éloignant de la rue Sainte-Catherine où étaient regroupées des forces de l’ordre.

Le Bazadais, qui avait les forces de l’ordre dans son dos, a été visé une première fois par un tir de LBD qui ne le touche pas. Une grenade de désencerclement ensuite jetée dans sa direction. Olivier Beziade se retourne, et aperçoit un autre policier le mettre en joue et tirer. C’est alors qu’il s’effondre face contre terre.

Les policiers présents se refuseront ensuite à appeler les pompiers, malgré les sollicitations des commerçants sortis porter secours au manifestant. 

« Pas de grande surprise »

Contacté, Maître Romain Foucard, avocat d’Olivier Beziade, juge la qualité du travail d’enquête et de reconstitution « exceptionnelle ». Mais assure qu’il n’apporte pas d’informations nouvelles.

« C’est un très beau travail de pédagogie, mais sur les faits il n’y a pas de grande surprise, affirme-t-il. Olivier Beziade a déjà expliqué le déroulé des faits pendant l’enquête préliminaire.
Il savait qu’il n’avait pas été touché par les policiers qui se tenaient au coin de l’Apple store, mais par d’autres, positionnés plus en retrait ». 

Information judiciaire

Une plainte a été déposée dix jours après les faits le 22 janvier. En avril, la procureure ouvre une information judiciaire, toujours en cours à l’heure actuelle.

« Deux policiers ont été identifiés, assure Me Foucard, mais ils n’ont toujours pas été mis en examen ». L’avocat estime que la procédure lancée par son client n’aurait jamais donné lieu à une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction, sans la présence en abondance de vidéos.

Entre les images et les témoignages, les faits étaient très documentés. Olivier Beziade ne représentait aucun danger pour les policiers, et l’usage des armes intermédiaires est totalement disproportionné. Rien n’a été respecté ! 
Me Romain Foucard, avocat d’Olivier Beziade

Selon son avocat, huit mois après les faits Olivier Beziade reste physiquement très atteint. « Les médecins ont insisté pour qu’il y aille doucement, mais il a quand même essayé de reprendre un travail… Ses séquelles, notamment au niveau de la mémoire sont très fortes… Il poursuit sa reconstruction. »

Source : Profession Gendarme

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