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Loïk Le Floch-Prigent, ancien grand patron du CAC 40, éclaircit les zones d’ombre des affaires industrielles pour Le Désordre mondial.

30 milliards d’euros. C’est ce que le Président Emmanuel Macron a déclaré engager pour renforcer la compétitivité industrielle de la France avec son plan « France 2030 ». Un engagement pris sur cinq ans. Soit le prochain quinquennat…
Apparemment, le pensionnaire de l’Élysée a aussi redécouvert les vertus de l’énergie nucléaire. Il promet des réacteurs, mais en plus petit. Avec leur format miniaturisé, les centrales new-look auront-elles moins de chances de rester coincées dans la gorge des écolos? L’avenir le dira… Toujours dans le souci de parvenir à une « décarbonisation » de l’énergie, Macron promeut également le recours à l’hydrogène.
« Pour une fois que le Président dit que l’industrie, c’est l’avenir de la France, nous industriels on est contents« , lance Loïk Le Floch-Prigent, ancien patron de Rhône-Poulenc et d’Elf Aquitaine, ancien président de Gaz de France et de la SNCF. Même s’il considère que derrière cette affirmation, il y a un plan qui ne correspond pas à la réalité:
« Ce n’est pas en augmentant les subventions à l’industrie que l’on augmente la compétitivité. La compétitivité, c’est la capacité à avoir une production au même prix que dans les autres pays et ce n’est pas le cas. 30 milliards, c’est très bien, mais nous, industriels français, nous dépensons 70 milliards par an d’impôts de production alors que les industriels allemands dépensent pour la même chose 10 milliards. On a 60 milliards de compétitivité en moins et on nous promet 30 milliards sur cinq ans. Donc le compte n’y est pas. Essayons d’abord de restaurer la compétitivité. »
Du coup, l’industrie semble revenir sur le devant de la scène, entre la récession liée à la pandémie de Covid et les perspectives économiques moroses à l’approche du scrutin présidentiel. Dans un tel contexte, faire miroiter des perspectives d’avenir ne fait jamais de mal. Surtout en période préélectorale…
« Le Président a souligné les points sur lesquels travailler. Mais ce n’est pas comme cela que les industries fonctionnent. La Commission européenne et le Président nous disent quoi faire, mais ce ne sont pas les technocrates qui font l’industrie, ce sont les industriels », tacle l’ancien grand patron.
Parallèlement, dans le secteur pharmaceutique, nous avons enfin un aperçu plus précis des accords liant les gouvernements aux labos producteurs de vaccins contre le Covid. Selon un rapport de Public Citizen –un groupe de défense des intérêts des consommateurs–, « les contrats offrent un rare aperçu du pouvoir qu’une société pharmaceutique a acquis pour faire taire les gouvernements, limiter l’offre, déplacer les risques et maximiser les profits dans la pire crise de santé publique depuis un siècle« . Loïk Le Floch-Prigent décrypte le dessous des cartes:
« Les laboratoires étaient pris par le temps pour trouver un vaccin traditionnel. Les gens des biotechnologies sont arrivés et ont expliqué que l’ARN messager était une solution rapide. Ils ont établi qu’ils étaient à même de sortir un vaccin si les gouvernements faisaient des précommandes. Ils sont en situation de force. Le pouvoir veut arrêter la pandémie et le seul moyen rapide est le vaccin à ARN messager. S’il y a un monopole sur ces vaccins-là, c’est qu’un certain nombre de gens ont bien voulu qu’on soit en situation de monopole. »

Source : Sputnik

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