Le gérant du bar Le Constellation, situé à Crans-Montana et ravagé par un incendie meurtrier dans la nuit du Nouvel An, a été placé en détention provisoire par la justice suisse ce vendredi 9 janvier. La décision est intervenue à l’issue de son audition par le ministère public à Sion, chef-lieu du canton du Valais, selon une source proche de l’enquête.

Son épouse, également cogérante de l’établissement, a quitté librement les locaux judiciaires. Très affectée à la sortie de son audition, elle a exprimé des paroles de regret à l’égard des victimes, selon des médias locaux. Ce même jour, un hommage national a été rendu en Suisse aux personnes décédées lors du drame.
| Date | Événement |
|---|---|
| Nuit du 31 décembre au 1er janvier | Incendie mortel dans le bar Le Constellation à Crans-Montana lors des festivités du Nouvel An |
| 1er janvier | Bilan provisoire établi : 40 morts et 116 blessés |
| Début janvier | Ouverture de l’enquête par la justice suisse |
| Début janvier | Les deux gérants, de nationalité française, sont entendus une première fois comme témoins |
| 3 janvier | Ouverture officielle d’une enquête pénale visant les gérants pour homicide, lésions corporelles et incendie par négligence |
| 9 janvier | Nouvelle audition du couple par le ministère public à Sion |
| 9 janvier | Placement en détention provisoire du gérant du bar en raison d’un risque de fuite |
| 9 janvier | Son épouse est laissée libre à l’issue de son audition |
| 9 janvier | La Suisse rend hommage aux victimes du drame |
| À venir (48h après l’incarcération) | Le tribunal des mesures de contrainte doit confirmer ou non la détention provisoire |
Le couple, de nationalité française, avait dans un premier temps été entendu comme simple témoin au début des investigations. Cette nouvelle audition marque un tournant : il s’agit de leur première comparution dans le cadre de la procédure pénale ouverte à leur encontre le 3 janvier. Les chefs retenus sont lourds : homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence. Les auditions menées vendredi portaient essentiellement sur leur situation personnelle, et non sur les normes de sécurité de l’établissement, toujours au cœur des investigations.
Le ministère public a justifié le placement en détention du gérant par un risque de fuite jugé sérieux. Dans un communiqué, les autorités expliquent qu’une réévaluation approfondie de ce risque a été menée à la lumière de ses déclarations, de son parcours et de ses attaches en Suisse comme à l’étranger. Cette analyse n’a en revanche pas conduit à une mesure similaire concernant son épouse.
En conséquence, le parquet a saisi le tribunal des mesures de contrainte afin d’ordonner la détention provisoire du gérant, tout en évoquant à titre alternatif des mesures moins restrictives. Dans l’attente de la décision du tribunal, attendue dans un délai maximal de 48 heures, l’homme a été incarcéré.
Sur le plan judiciaire, le gérant n’est pas inconnu des autorités françaises. Il a déjà été condamné par le passé, notamment pour des faits de proxénétisme aggravé et pour fraude aux aides au logement. Son épouse, pour sa part, ne présente aucun antécédent judiciaire connu.
Du côté des parties civiles, la prudence domine. L’un des avocats représentant les victimes a rappelé que les plaignants ne souhaitaient pas commenter les décisions liées à la détention préventive. Il souligne toutefois que les familles redoutent une possible disparition de preuves ou des pressions susceptibles d’altérer les témoignages, et appelle à des investigations rapides et rigoureuses.
L’enquête continue de soulever de nombreuses questions. Plusieurs voix s’interrogent notamment sur l’absence de contrôles récents de l’établissement, qui n’aurait plus été inspecté depuis plusieurs années, ainsi que sur le délai avant la mise en place de mesures privatives de liberté.
Selon les premiers éléments communiqués, l’incendie aurait été déclenché par des bougies pyrotechniques utilisées lors des festivités, entrées en contact avec le plafond du sous-sol. Le feu se serait propagé de manière fulgurante, piégeant les clients présents, majoritairement des adolescents et de jeunes adultes.
Le bilan humain est particulièrement lourd : 40 personnes ont perdu la vie et 116 autres ont été blessées dans cet incendie survenu le soir du Nouvel An.



















